mercredi 13 décembre 2006

Jacques GUILLAUMIN

Le docteur Jacques GUILLAUMIN, dont le père, directeur de l’école Paul BERT à Vichy a été arrêté le 8 octobre 1940, puis déporté en Algérie le 1er mars 1941 raconte, dans une des nombreuses lettres écrites en 1981, l’action des étudiants à Clermont-Ferrand :
« En septembre 1940, alors que j’étais interne des hôpitaux de Clermont Ferrand, avec un certain nombre de camarades étudiants, nous avons constitué une organisation clandestine essentiellement issue des organisations « les étudiants communistes » dirigées, avant la guerre, par Yves MOREAU, fils du doyen de la faculté des sciences de Clermont Ferrand et de «L’Union Fédérale des Etudiants » que je dirigeais.
« Je dirigeais, à partir de septembre 1940, cette l’organisation dite des « Etudiants Patriotes » qui rassemblait dans les facultés et au lycée Blaise PASCAL, un certain nombre d’étudiants; le début de notre activité fut la dénonciation des collaborateurs des Allemands, la lutte contre PETAIN et ses conseillers nationaux comme BARDOUX l’académicien, ses ministres de l’Education Nationale, les dirigeants clermontois du journal « L’AVENIR » : telle fut, me semble-t-il l’orientation de nos tracts diffusés dans les facultés et à Blaise PASCAL
« Malheureusement, dès décembre 1940, puis janvier et février, un certain nombre de nos camarades furent arrêtés, à la suite de dénonciations, en particulier à Blaise PASCAL. Un grand nombre des nôtres furent jugés par le tribunal militaire de Clermont Ferrand, les 16-17 et 18 mai et condamnés à de lourdes peines de prison.
« Pas un de ces étudiants n’a dénoncé ceux d’entre nous qui étions libres encore. Par contre, qui a dénoncé ces étudiants ? »
C’est avec une ronéo venue de Vichy et planquée à Chamalières que les tracts à destination des étudiants étaient tirés.
La distribution de cette presse clandestine déchaîne la colère de la police qui va multiplier perquisitions et arrestations. En mai 1941, cent quatre vingt arrestations avaient lieu dans le Puy de Dôme. La prison de Clermont ne pouvant tous les héberger, certains sont écroués à la prison du 92, d’autres transférés dans des camps d’internement.
Louis CUOQ, qui a participé à la confection des tracts et journaux clandestins, doit quitter le Puy de Dôme pour l’Allier où il est arrêté, le 8 janvier 1942.
Pour son activité à Clermont, il est condamné par le tribunal militaire, le 5 février.1942, à 15 ans de travaux forcés. Rejugé le 26 février, par le même tribunal, pour son activité dans l’Allier, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. (René Dumont, Jean Egal, page 1, réf. 38)